lundi, 17 mars 2008

Luigi Russolo - L'art des bruits (Extrait)


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"On peut réduire les orchestres les plus compliqués à quatre ou cinq catégories différents quant au timbre du son : instruments à cordes frottées, à cordes pincées, à vent en métal, à vent en bois, instruments de percussion. La musique piétine dans ce petit cercle en s'efforçant vainement de créer une nouvelle variété de timbres. Il faut rompre à tout prix ce cercle restreint des sons purs et conquérir la variété infinie des sons-bruits.  Chaque son porte en soi un noyau  de sensation déjà connues et usées qui prédisposent l'auditeur à l'ennui, malgré les efforts des musiciens novateurs. Nous avons tous aimé et goûté les harmonies des grands maîtres. Beethoven et Wagner ont délicieusement secoué notre coeur durant bien des années. Nous en sommes rassasiés. C'est pourquoi nous prenons infiniment de plaisr à combiner idéalement des bruits de tramways, d'autos, de voitures et de foules criardes qu'à écouter encore, par exemple l'"héroïque" ou "la pastorale".

Nous ne pouvons guère considérer l'énorme mobilisation de forces que représente un orchestre moderne sans constater ses piteux résultats acoustiques. Y'a-t-il plus ridicule au monde que vingt hommes qui s'acharnent à redoubler le miaulement plaintif d'un violon ? Ces franches déclarations feront bondir tous les maniaques de musique, ce qui réveillera un peu l'atmosphère somnolente des salles de concerts. Entrons-y ensemble, voulez-vous ? Entrons dans l'un de ces hôpitaux de sons anémiés. Tenez, la première mesure vous coule dans l'oreille l'ennui du déjà entendu et vous donne un avant-goût de l'ennui qui coulera de la mesure suivante. Nous sirotons ainsi, de mesure en mesure, deux ou trois qualités d'ennui en attendant toujours la sensation extraordinaire qui ne viendra jamais. Nous voyons en attendant s'opérer autour de nous un mélange écoeurant formé par la monotonie des sensations et par la pâmoison stupide et religieuse des auditeurs, ivres de savourer pour la millième fois, avec la patience d'un bouddhiste, une extase élégante et à a mode. Pouah!  Sortons vite, car je ne puis guère réprimer trop longtemps mon désir fou de créer enfin une véritable réalité musicale en distribuant à droite et à gauche  de belles gifles sonores, enjambant  et culbutant violons et pianos, contrebasses et orgues gémissants! Sortons!"    1913

 

dimanche, 16 mars 2008

Vie privée, vie professionnelle. Atention danger...

Petit rappel : je suis parti en tournée avec la compagnie La Boulangerie avec le spectacle "Les impétueuses tribulations de Madame Barnes" à Namur (joué 6 fois) et à Seyssinet-Pariset (joué 1 fois). C'était ma première véritable expérience de tournée. J'étais le seul technicien et je savais d'avance que mon rôle s'étendrait à d'autre domaine que celui du son. L'accueil en Belgique fut chaleureuse mais techniquement, ce fut une petite galère. A l'inverse, l'accueil à Seysinet fut plus réservé mais professionellement, il n'y avait rien à redire, et c'est là le principal.

La grande difficulé de nos métiers (de tous les métiers ?) est de ne pas confondre vie professionnelle et vie privée. Quand on tourne un spectacle avec des personnes que vous appréciez vraiment, le risque est de tomber dans le "copinage" et de trop faire confiance à cette amitié installée qui (et c'est une utopie à mon avis) rattraperait les flous d'organisation. Il me semble maintenant clair que, quelques soient les relations entre les diférents artisans du spectacle, il faut créer un cadre logistique et technique clairement énoncé (hébergement, défraiement, salaire, fiche technique, planning, etc) pour permettre à tous de ne travailler que dans un but : le spectacle. Et l'amitié vient après. Il faut savoir se mettre au service du plateau en oubliant sa vie privée le temps d'une répétition ou d'une représentation.

 

Nouvelles photos sur votre droite...ce fut un vrai plaisir... 

vendredi, 15 février 2008

Court-métrages d'animation

Deux petits films d'animation très courts. L'image est de Nicolas Lemée, un pote de Lyon. Encore une branche du travail sonore que je découvre. Le rapport à l'image n'a rien à voir avec le théâtre ou le cinéma dans lesquels la présence de l'humain (et de sa voix surtout) est (omni)présente. Ici, tout est à faire. Vous avez un film muet et vous devez lui donner une vie, enrichir son esthétique, etc.
J'ai abordé le premier film "sable" très intuitivement. J'ai commencé à poser des musiques dessus, ajouter des bruitages. Comme si vous aviez des légos mais sans notice de montage. J'ai joué avec toutes ces matières sonores jusqu'à que cela me plaise. Et là encore, cette notion de justesse est apparue. J'explique : au début, j'ai ajouté des sons que j'aimais. Puis, je les ai confrontés à l'image, je les ai détériorés, manipulés, malaxés pour arriver à un endroit qui "sonne" juste. Je n'arrive décidemment pas à comprendre cette sensation de justesse.
Le deuxième court "Boîte noire, fil rouge" a été abordé de manière plus réfléchie, moins instinctive. Avant d'appliquer les sons, j'ai d'abord pensé l'esthétique de l'image, ce qu'elle m'inspirait, quelle histoire cela me racontait. J'ai travaillé à l'inverse du premier film. Et la bande son a été réalisé en à peine 2 heures. Cela peut paraître long pour un film d'une durée de 1m30, mais c'est relativement rapide. Ca me confirme aussi que je suis plus efficace dans cette chronologie de travail... Bonne séance !BoiteNoirFilRouge.wmv Sable.wmvc58b6c4764095206e04248b285b9b72f.jpg