mardi, 12 février 2008

Nouveau site internet et mon actualité

Et voilà, le site internet de Work On Stage vient d'ouvrir. Voici le lien http://www.synesthesie.com/wos/index2.html
Il y a encore quelques modifications à réaliser en particulier dans la synchro entre image et son mais le site existe. Très agréable cette sensation d'avoir un produit fini sur la toile. Petite piqûre de rappel : de ce travail va découler deux expositions-performances. Une aura lieu le mercredi 26 mars à Synesthésie à Saint Denis, l'autre à la biennale d'art contemporain de Rennes les 15 et 16 Mai.
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Sinon je pars samedi en Belgique pour tourner un cabaret "Les Impétueuses tribulations de Madame Barnes" pendant 2 semaines. Toujours intéressant de jouer des spectacles dans des lieux qui n'ont rien à voir avec le lieu de création. Le spectacle nous révèle toujours de nouveaux secrets, les spectateurs réagissent différemment et pour nous les artisans c'est une perpétuelle remise en question. En son, la grande difficulté du spectacle c'est d'avoir un groupe qui joue du rock mais très proche du public (c'est la base du cabaret). Tous les instruments doivent sonner mais sans casser les oreilles des spectateurs du premier rang. La solution pour l'instant, c'est d'utiliser les retours comme sources principales de sonorisation et d'utiliser la façade juste en renfort en la retardant par rapport aux retours. Pour les non-initiés, cette dernière phrase doit être du chinois, mais faites-moi confiance, cela fonctionne (pour l'instant).
Je navigue en ce moment entre des instants très techniques (gérer des fiches techniques, anticiper des problèmes éventuels, chercher du matériel) et des périodes de création pour des petits films d'animation, pour ma créa à Avignon et l'expostion à Lyon en mai. D'un côté, l'outil technique me permet de garder les pieds sur terre, d'être pragmatique. De l'autre côté, la création me pousse à m'isoler du monde qui m'entoure. Il est difficile d'alterner les 2, mais il est impossible de les dissocier. Maitriser un outil, c'est connaître ses possibilités évidemment, mais aussi ses limites. De là, la conception doit passer par ce filtre technique pour devenir concret.

vendredi, 25 janvier 2008

David LeBreton - Le silencieux

13a364189c6c52ce5b228c81df3354d1.jpg"La dénomination de 'silencieux' n'apparaît jamais dans une culture où la parole est rare et le silence tenu pour une vertu première, un tel terme qualifie plutôt l'individu qui introduit par son abstention une turbulence dans le régime habituel de la parole. Même si telle n'est pas son intention le silencieux est souvent perçu avec dépit comme quelqu'un qui cherche à laisser entendre qu'il en sait long ou que sa réflexion propre a dépassé de longue date les questions soulevées par ses interlocuteurs. Mais le silencieux n'a peut-être rien à dire, il s'ennuie ou ne trouve pas l'occasion de saisir son tour de parole, son régime de discours est plus sobre que celui de ses compagnons, il est intimidé, ou bien il préfère écouter les autres. <...> Toute dynamique de groupe est ainsi hantée par le silence, celui général qui soulève la pertinence ou non de prendre la parole, et le silence éventuel de l'un des membres qui, immanquablement, suscite la position conciliante ou agressive des uns et des autres, et finit par imposer au coupable de se justifier dune telle attitude <...> La parole n'est donc pas seulement un droit, mais une exigence qui sécurise le lien social en dissipant le mystère qu'incarne par-devers lui celui qui se tait<...> Le silencieux porte à son insu l'énigme de la parole absente et laisse miroiter l'horreur d'une société sans langage."

4 jours de répèt, 4 pas de géants...

e82695799c1c884314b1e091448bbefc.jpgJe viens de finir ma première semaine de travail avec Vincent et Estelle. J'ai vraiment pu profiter d'eux pour tester un max de sons. Estelle commence vraiment à s'en emparer et je me rends compte combien la sensation que procure un comédien peut changer complètement l'audition d'un son, et du coup raconter complètement autre chose sur le plateau. Nos axes de travail semblent juste et j'ai l'impression que ce spectacle va vraiment avoir de la gueule. Marrant cette sensation de justesse. Comment peut-on définir que tel ou tel son est juste par rapport au plateau ?
Un de mes axes est la création de silence (évidemment). Pour l'instant, ma ligne directrice est une horloge qui fait tic-tac pendant tout le spectacle. Cette ligne est enrichit par certains sons qui vont évoluer au fur et à mesure du spectacle et surtout par la voix d'Estelle qui la couvre ou pas (un peu comme une mélodie que l'on orchestre, mais je ne suis pas musicien). Quand ces sons disparaissent, on retourne à l'horloge seule : création de silence. Il ne faut évidemment pas se restreindre à une définition du silence qui s'apparente à une absence de bruit. Non ! le silence que je recherche est un silence intérieur (comme dans une église par exemple), une suspension du temps pour être un peu plus précis (Oh, temps suspend ton vol!).
Par cette horloge, j'essaie de créer une nouvelle temporalité (celle du plateau). Se pose alors la question du silence réel, celui du temps présent qui apparaîtra lorsque l'horloge s'arrêtera...